Accusons les absents de tous les maux !

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Requiem cum libro Index du Forum // Traduction // Mise en pratique
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Challenger
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Jan 2007
Messages: 391

MessagePosté le: 21/04/2007 11:50:15    Sujet du message: Accusons les absents de tous les maux ! Répondre en citant
Allez, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager le cours requiemien par excellence que j'ai eu cette semaine.
Dans un premier temps, après la distribution des textes sur lesquels nous allons travailler, la prof, que nous appellerons D., a fait cette précision qui, outre le fait qu'elle m'a fait, une fois de plus, me sentir seule dans mon éclat de rire mal dissimulé dans ma barbe inexistante, l'a également fait monter un peu plus dans mon estime (si tant est que cela soit possible) :

«Je ne suis pas et refuse d'être traductologue. Je refuse le pédantisme...»

Après ce rejet on ne peut plus clair et qui a certainement vexé l'intitulé initial de notre cours, D. nous a présenté l'auteur que, pour certains, nous connaissions déjà un peu des suites de quelques cours licencieux... Mais, toi public, tu ne connais peut-être pas Richard Brautigan et tu seras certainement content d'apprendre que c'est un «auteur actuellement mort...». Blanc. Mr. Green Je préfère ne pas savoir ce qu'il sera prochainement.

Allez, passons aux choses (presque) sérieuses. Le texte est intégral.

Blackberry Motorist

The blackberry vines grew all around and climbed like green dragon tails the sides of some old abandoned warehouses in an industrial area that had seen its day. The vines were so huge that people laid planks across them like bridges to get at the good berries in the centre of them.
There were many bridges reaching into the vines. Some of them were five or six planks long and it took careful balancing to get back in there because if you fell off, there were nothing but blackberry vines for fifteen feet or so beneath you, and you could really hurt yourself on their thorns.
This was not a place you went casually to gather a few blackberries for a pie or to eat with some milk and sugar on them. You went there because you were getting blackberries for the winter's jam or to sell them because you needed more money than the price of a movie.
There were so many blackberries back in there that it was hard to believe. They were huge like black diamonds but it took a lot of medieval blackberry engineering, chopping entrances and laying bridges, to be successful like the siege of a castle.
'The castle has fallen !'
Sometimes when I got bored with picking blackberries I used to look in the vines. You could see things that you couldn't make out down there and shapes that seemed to change like phantoms.
Once I was so curious that I crouched down on the fifth plank of a bridge that I had put together way out there in the vines and stared hard into the depths where thorns were like the spikes on a wicked mace until my eyes got used to the darkness and I saw a Model A sedan directly underneath me.
I crouched on that plank for a long time staring down at the car until I noticed my legs were cramped. It took me about two hours to tunnel my way with ripped clothes and many bleeding scratches into the front seat of that car with my hands on the steering wheel, a foot on the gas pedal, a foot on the brake, surrounded by the smell of castle-like upholstery and staring from twilight darkness through the windshiled up into green sunny shadows.
Some other blackberry pokers came along and started picking blackberries on the planks above me. They were very excited. I think it was the first time they had ever been there and seen blackberries like that. I sat there in the car underneath them and listened to them talk.
'Hey, look at this blackberry !'

R. Brautigan
Revenge of The Lawn. Stories 1962-1970


Avant de regarder la traduction française, il a fallu passer par une première phase : la phrase d'imprégnation. Autrement dit, effectuer un travail d'un minimum d'explication littéraire avant de traduire, ce qui permet de guider la traduction (selon ce à quoi on est sensible...).

Le texte décrit le processus de l'imaginaire autour d'un événement commun (la cueillette de mûres). Point de vue d'un enfant (métaphore de la prise du château pour une cueillette qui se transforme en aventure). C'est pourtant un adulte qui écrit.
=> comprendre comment l'imagination littéraire fonctionne.

Phase deux : traduction, repérage de quelques difficultés.

The blackberry vines grew all around...
Les ronciers poussaient...
-> problème du défini “Les” qui ne renvoie à rien (en anglais non plus, cela dit).
Possibilité : Elles poussaient partout, ces ronces...
Attención, attención, les pistes fermeront à... : en exercice de traduction universitaire, on ne peut pas vraiment faire ça. Le traducteur a plus de liberté que l'étudiant qui effectue un exercice. Problème du correcteur qui comptera un faux-sens si on ne rend pas par le mot exact par exemple (même si un traducteur aurait rendu par un autre mot. Cela dit, le traducteur aussi des (re)lecteurs et un éditeur qui surveillent. ^^ ).

“seen its day” => qui avait connu des jours meilleurs. (Intéressant de garder “jour”).

...people laid planks across them like bridges.
Quelqu'un propose : les gens posaient des planches servant de ponts ....
=> on ne peut pas rendre “like” par “servant” car cela serait une explication et casserait la métaphore.

Problème de “huge” : littéralement “énormes”. On voit plus l'idée de densité mais gardez à l'esprit que c'est un enfant qui parle, il dirait plutôt énormes que denses. Le problème est le même en anglais. SURTOUT ne pas mettre deux mots : traduire un mot par deux signifierait qu'on n'a pas résolu une hésitation.

“to get back in there” => Attention, “back” ne comprend pas ici l'idée de retour (ce n'est pas aller et revenir). Il y a malgré tout l'idée du repli, image utérine du retour à l'origine (au coeur du roncier).

“you went casually” => anodin est trop sophistiqué. => On n'allait pas là juste pour ramasser des mûres, en passant...

“to chop” : la question est de savoir si ce qui importe le plus est le geste ou l'instrument utilisé.

“Dungeon” => faux ami, signifie “cachot”.

Le paragraphe commençant par “Once I was so curious that I crouched down on the fifth plank....” ne fait qu'une seule phrase : dans la mesure du possible il faut garder ce schéma et n'avoir qu'une seule phrase à l'arrivée également.

“ripped clothes” => D. a traduit par “en écorchant mes vêtements”. Réaction perplexe de nous sur le fait de savoir si on pouvait écorcher des vêtements. Réponse : “licence poétique du traducteur que l'étudiant ne peut pas se permettre”. Vous l'aurez deviné, je l'aime.

“excited” : terme tout simple, qu'on comprend parfaitement. Problème énorme de traduction. On ne peut pas traduire par “excité” en français pour des raisons évidentes (plus anglicisme).

Les mots les plus compliqués sont souvent les mots les plus quotidiens, les plus banals (monosyllabes etc. faciles à comprendre, très difficile à rendre).

Traduction de D. (arf, problème de droit d'auteur ? Dois-je mettre son vrai nom ? Rolling Eyes ) datant de 1983. Elle a précisé qu'aujourd'hui, il y aurait beaucoup de choses qu'elle traduirait différemment (comme l'a montré la discussion que nous avons eue d'ailleurs).

Automobiliste dans les mûres

Elles poussaient partout, ces ronces qui grimpaient comme des queues de dragons verts le long des murs de quelques vieux entrepôts abandonnés, dans une zone industrielle qui avait fait son temps. Les ronces étaient si denses que les gens faisaient des ponts en posant des planches en travers, afin d'atteindre les bonnes mûres qui étaient au milieu.
Il y avait plusieurs ponts qui s'avançaient dans les ronces. Certains étaient longs de cinq ou siz planches, et il fallait faire attention de ne pas perdre l'équilibre quand on s'y risquait, car il n'y avait rien d'autre en dessous que quatre ou cinq mètres de ronces, et, en cas de chute, on pouvait se faire vraiment mal sur leurs épines.
Ce n'était pas là qu'on allait ramasser des mûres, comme cela en se promenant, pour faire une tarte ou pour manger avec du lait et du sucre. On y allait parce qu'on faisait la cueillette des mûres pour les confitures d'hiver ou parce qu'on avait besoin de plus d'argent qu'il n'en faut pour entrer au cinéma.
Il y avait tant de mûres là-dedans que c'en était à peine croyable. Elles étaient énormes comme des diamants noirs, mais il fallait toute une technique médiévale de la cueillette pour se frayer des passages à coups de bâton, construire des ponts, et s'assurer la victoire comme si l'on assiégeait un château-fort.
-Le château est pris !
Quelquefois, quand j'en avais assez de cueillir des mûres, je plongeais mon regard dans ces recoins obscurs comme des oubliettes, là-bas au fond des ronces. On y voyait des choses que l'on ne pouvait identifier et des formes qui semblaient mouvantes comme des ombres.
Une fois, ma curiosité était si grande que je me suis accroupi sur la cinquième planche d'un pont que j; avais assemblé loin là-bas dans les ronces, et j'ai fixé intensément les profondeurs, dans lesquellesles épines ressemblaient aux pointes barbares d'une masse d'armes, jusqu'à ce que mes yeux s'habituent à l'obscurité, et alors j'ai vu, juste sous moi, une Ford modèle A.
Je suis resté longtemps accroupi sur cette planche, à fixer la voiture, avant de remarquer que mes jambes étaient ankylosées. Il m'a fallu environ deux heures, en écorchant mes vêtements et en saignant de plusieurs égratignures, pour me glisser jusqu'au siège avant de la voiture, où je me suis installé, les mains sur le volant, un pied sur l'accélérateur, l'autre sur le frein, baignant dans l'odeur de château que semblaient répandre les garnitures, et le regard tourné, par-delà l'obscurité crépusculaire et à travers le pare-brise, vers les ombres vertes dans le soleil là-haut.
D'autres cueilleurs de mûres sont arrivés et se sont mis à ramasser des mûres sur les planches au-dessus de moi. Ils étaient très enthousiastes. C'était la première fois qu'ils venaient là et voyaient des mûres comme celles-ci je suppose. J'étais assis dans la voiture, en dessous, et je les écoutais parler.
-Eh ! Regarde un peu cette mûre !


_________________
"I feel trapped. Like a moth, in a bath."


Dernière édition par Challenger le 01/05/2007 11:57:56; édité 1 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 21/04/2007 11:50:15    Sujet du message: Publicité
PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Challenger
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Jan 2007
Messages: 391

MessagePosté le: 26/04/2007 22:13:35    Sujet du message: Accusons les absents de tous les maux ! Répondre en citant
Allez, continuons sur cette bonne lancée solitaire de découpage d'auteurs en petits morceaux. Aujourd'hui Sorrentino qui peut nous intéresser contrairement à ce que je pensais au départ.
Je mettrai le long long texte peut-être plus tard (qui a posé des problèmes très intéressants, par ailleurs). Dans un premier temps, voici de cours extraits.

La prof a précisé que Sorrentino, dans son goût des mots, aimait en inventer, parfois dans un contexte scientifique et qu'il fallait donc vérifier si les mots existaient...Il mêle aussi différents styles.
Exemples :

We peep down (or up) upon the sinewy Blue, his hair all feltred in anxiety, churning and thudding his way beneath the arboris urbis, the ashy hobblebush, thug squashberry, swamp loosestrife, jimbo pachistima, pimpface polyester and all the other clumps that shoot and yearn throughout the streets and byways of vast Gotham - not to forget the loathsome gingko !

On zieute de haut en bas (et de bas en haut) le corps musclé de Blue, ses cheveux feutrés d'angoisse, avançant à pas lourds et en ruminant sous l'arboris urbis, le kalmia angustifolia cendré, la graine de courge assassine, le lysimaque des marais, le jimbo pachistima [note : depuis, la traductrice s'est rendue compte qu'on disait paxistima en français, faut le savoir...] ,le polyester efféminé, et tous les autres bosquets qui poussent et languissent dans les rues et allées de cette vaste cité - sans oublier le gingko répugnant !

Personnellement j'adore. Parfois il garde des espèces qui existent (comme l'angustifolia) mais dans des variétés qui, elles n'existent pas (angustifolia cendré ^^).

Autres extraits. Mr. Green

As I ope my blinks,
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, "ope" n'est pas une faute de frappe. Mr. Green
ME ope > open ...L'auteur mêle du moyen anglais à un terme d'argot.

That I cannot ken, nor search out in the soft grey crap that humankind hilariously cleps the cerebellum, if I got the right word for the pusling organ.

Même remarque : OE ken > know ; OE clep > call.
_________________
"I feel trapped. Like a moth, in a bath."
Revenir en haut
Adler
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 03 Jan 2007
Messages: 350
Localisation: P3X-500

MessagePosté le: 27/04/2007 22:52:54    Sujet du message: Accusons les absents de tous les maux ! Répondre en citant

Rhalala je suis faaaaaan!!!
Faudrait trouver un texte un peu de même genre à traduire, ça serait vraiment le trip!!!
(et continue dans ta lancée (plus autant) solitaire, ces cours sont vraiment incroyables Okay )
_________________
"Impossible wishes, wishes that can never be granted, they produce...a ferret." "..."

Warehouse 13
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Challenger
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Jan 2007
Messages: 391

MessagePosté le: 01/05/2007 14:38:52    Sujet du message: Accusons les absents de tous les maux ! Répondre en citant
J'admets que retrouver un texte du genre serait chuette.
Alors...comme je suis censée faire quelque chose de mémorable comme dirait une personne sensée, j'ai préféré vous (te) faire partager la suite du cours...enfin la majeure partie du cours en fait, puisqu'on a passé environ 1h50 là-dessus et 1/2h sur le reste (oui on est sortis avec 20 minutes de retard mais je m'en fichais).


Merry Xmas
Tin Pig

Little Mickey's mother was dancing around the living room, holding an imaginery partner in her arms, singing drunkenly, When they begin the beguine, It brings back a night of tropical splendor, It brings back a memory so tender, It brings back a night of tropical splendor – Oh, let them begin the beguine, let them begin. She was really stewed, a half quart of Three Feathers standing on top of the Philco radio. It was about 2 A.M.
Little Mickey watched her from the bedroom, waiting for her to go to bed so that Santa could come and bring him the sled and the other stuff he wrote him for. Santa couldn't come if anyone was up, she told him that. He knew, remotely, that she would like to be over in Flynn's with her friends, and felt blue about that, but she was good, she was good. She was dancing and looked kind of nice.
The tin pig was under the tree, with a blue jacket and sailor cap, a little red drum that he beat, hopping on the linoleum when he was wound up. But Mickey had seen his mother put that under the tree, so it had nothing to do with Christmas. Your mother didn't have to give you anything for Christmas, Santa did all that. He kept watching her, his eyes burning. He wished, really, that she'd go to bed.
He fell asleep and when he woke saw her lying on the couch. The bottle was empty and under the little artificial tree he saw the pig, still alone. But the lamlight in the room was pale and weak and then he realized that the dawn had come. And then he knew. There was no Santa, nobody like Santa. He never came and never would.
He was a sweet and generous child. There was nobody to blame, it was all some story that grown-ups had about things. Unless he just didn't leave him anything ? But he knew that there was none, no Santa.
Didn't want to see anybody ele's anything ! And wouldn't wind that tin pig up, ever. The pig grinned under the tree, the gray bitter light falling across his red epaulets.
Just before he'd fallen asleep, she'd really been dancing ! He remembered her now, spinning, and gliding, holding the bottle by the neck, smiling and stretching her hand out to the air : A night of tropical splendor. A night of tropical splendor. Let them play. She looked really good dancing, really pretty. His sudden acceptance of her sorrow.

Le texte présente différents types de difficultés.

-Tin Pig : c'est une vignette dans le livre, le cochon en fer blanc est un motif récurrent.
=> problème de la traduction des titres (cf aussi les éditeurs : un titre peut être vendeur dans une langue et pas dans une autre, d'où les changements fréquents). Pour une version, le gentil professeur prévoyant qui prépare le texte, en général, supprime le titre.
-Little : utilisation de petit qui n'est liée ni à l'âge ni à la taille = hypocoristique (un petit tour, un petit gâteau...-les exemples ne sont pas de moi-). Cela pose problème dans le texte étant donné Mickey. Mickey est courant en langue anglaise comme diminutif de Mick. En français, mettre le Petit Mickey fait dessin animé et ridicule. Du coup, on laisse Little Mickey.
-her arms : les bras (souvenir, souvenir de l'année dernière aussi ^^). L'anglais utilise les possessifs pour les parties du corps, le français ne le fait pas, et ce serait pénalisé.
-La chanson : faut-il traduire ? Comment indiquer que c'est une chanson ? Eventuellement laisser les majuscules et ajouter des guillemets. (Ou mettre en diagonale comme dirait P********e.)
Si c'était une comptine bien connue, on pourrait traduire. Comme ce n'est pas le cas, on laisse.
-half quart : américain = un demi-litre.
-Three Feathers / Philco : marques, références culturelles qu'on est obligés de garder (le traducteur peut mettre des notes ou un lexique en fin de livre).
=> c'est aussi le genre de choses que l'enseignant fera en sorte de ne pas laisser dans une version d'examen. (Ben tiens...Auld Lang Syne ? Ahem... Rolling Eyes )
-remotely : vaguement. La distance est dans la conscience, dans l'intellect.
-felt blue : ça le rendait triste, car cafard est trop gros pour un enfant le soir de Noël (sauf pour The Little Boy with a Beard Mr. Green ). Ca renvoie à l'enfant (cf la virgule), pas à la mère. (Oui parce qu'on a discuté pendant un moment pour savoir si c'était la mère qui avait le cafard de pas être chez Flynn's ou le gosse. Ca m'a rappelé une histoire de locomotive qui écrasait les voyageurs, ça. Alors, la locomotive ou le train ? Affûtez vos arguments...re- )
-She was good : ça pourrait être “elle allait bien” comme si elle avait accepté de ne pas aller chez Flynn's. Ce n'est pas ce qu'avait compris le traducteur.
=> “mais ça allait après tout” : on garde l'ambiguïté.
-put that : le “that” est péjoratif, ce truc.
-There was no Santa : il n'y avait pas de Père Noël, il n'existait rien de tel.
Quelqu'un propose “personne du genre du Père Noël”. Réponse de D. : «moi j'aime pas ça, il a mauvais genre le Père Noël ?»
Un ex-prépateux que nous ne nommerons pas avait proposé “il n'y en avait pas, pas de Père Noël”. Il a fallu ¼ d'heure pour faire comprendre à tout le monde que “en” devait renvoyer à quelque chose qui avait déjà été mentionné avant et ne pouvait en aucun cas renvoyer à quelque chose qui venait après, que c'était grammaticalement incorrect...Sigh. Shocked
Et si on apprenait le français, aussi, en fac de langue ? Arrow
-Didn't want to see... : Pas envie de voir ce qu'avaient eu les autres ! Ni de remonter ce fichu cochon...non, jamais.
-gray : orthographe américaine de “grey”.
-out to the air : air évoque la chanson qui vient après, l'ambiance, ce que le mot “vide” ne rend pas en français.
-chanson : ce n'est pas du Gainsbourg. Si on traduit, il faudrait trouver un équivalent français, il faut adapter, changer de référence culturelle. (On a proposé “Sous le soleil des tropiques” mais D. ne connaissait pas...)
_________________
"I feel trapped. Like a moth, in a bath."
Revenir en haut
Challenger
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Jan 2007
Messages: 391

MessagePosté le: 01/05/2007 17:14:22    Sujet du message: Accusons les absents de tous les maux ! Répondre en citant
Et voilà la traduction. D'après ma lecture approximative d'une écriture qui l'est tout autant, elle était due à un certain B. Hoefffuer ou Moeffuer, ou Moeqffuer ou Hoeqffuer. Heureusement, une adepte de Sherlock Holmes a découvert que ce cher traducteur s'appelait en fait B. Hoepffner. Toutes mes excuses à l'intéressé.

Joyeux Noël
Le cochon en fer-blanc

La mère de Little Mickey dansait dans le salon, serrant un partenaire imaginaire dans ses bras, chantant d'une voix avinée, When the begin the beguine, It brings back a night of tropical splendor, It brings back a memory so tender, It brings back a night of tropical splendor – oh let them begin the beguine, let them begin. Elle était vraiment beurrée, un demi-litre de Three Feathers posé sur la radio Philco. Il devait être deux heures du matin.
Little Mickey la regardait depuis la chambre à coucher, attendant qu'elle aille se coucher pour que le Père Noël puisse venir et lui apporter la luge et les autres trucs qu'il lui avait demandés dans sa lettre. Le Père Noël ne pouvait pas venir si quelqu'un était debout, elle le lui avait dit. Il savait, vaguement, qu'elle aurait aimé être chez Flynn's avec ses amis, et il se sentait un peu déprimé par cela, mais elle était gentille, elle était gentille. Elle dansait et avait l'air plutôt bien.
Le cochon en fer-blanc était sous l'arbre, avec sa veste bleue et son béret de marin, le petit tambour rouge qu'il frappait en sautant sur le linoléum quand on le remontait. Mais Mickey avait vu sa mère mettre cette chose-là sous l'arbre, et ça n'avait donc rien à voir avec Noël. Votre mère n'avait pas besoin de vous donner quelque chose à Noël, le Père Noël s'en occupait. Il continuait à la regarder, les yeux brûlants. Il aurait aimé, vraiment, qu'elle aille se coucher.
Il s'endormit et quand il se réveilla il la vit étendue sur le canapé. La bouteille était vide et sous le petit arbre artificiel il vit le cochon, toujours tout seul. Mais la lumière de la lampe dans la pièce était pâle et faible, et il réalisa que le matin se levait. Et alors il comprit. Il n'y avait pas de Père Noël, personne du genre du Père Noël. Il n'était pas venu et ne viendrait jamais.
C'était un enfant doux et généreux. Il n'y avait pas lieu de faire des reproches à quiconque, c'était simplement une façon qu'avaient les adultes de raconter les choses. A moins qu'il ne lui ait simplement rien laissé ? Mais il savait qu'il n'existait pas, pas de Père Noël.
Il voulait pas voir les trucs des autres ! Et ne remonterait jamais ce cochon en fer-blanc, jamais. Le cochon souriait sous l'arbre, la lumière grise et amère tombant sur ses épaulettes rouges.
Juste avant qu'il s'endorme, elle s'était vraiment mise à danser. Il s'en souvenait maintenant, tournoyant, et glissant, tenant la bouteille par le col, souriant et tendant sa main dans l'air : A Night of tropical splendor. A night of tropical splendor. Let them play. Elle avait l'air bien en dansant, vraiment jolie. Sa soudaine acceptation du chagrin de sa mère.
_________________
"I feel trapped. Like a moth, in a bath."
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: 19/10/2017 04:43:47    Sujet du message: Accusons les absents de tous les maux !
Revenir en haut
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Requiem cum libro Index du Forum // Traduction // Mise en pratique Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
alexisBlue v1.2 // Theme Created By: Andrew Charron // Icons in Part By: Travis Carden
Powered by phpBB © 2001, 2017 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com